Un patrimoine rural, naturel et immatériel...

Le territoire de Besse et Saint-Anastaise recèle un ensemble de trésors à découvrir, qu'ils soient naturels, historiques ou immatériels... Un héritage forgé au fil des siècles et des générations que la Commune s'applique à préserver et valoriser.
 

Plus d'infos

Bureau de tourisme de Besse
13 rue Notre-Dame, 63610 Besse
04 73 79 52 84 / bt.besse-superbesse@sancy.com

www.sancy.com


PARC DES VOLCANS
PLUS GRAND PARC RÉGIONAL DE FRANCE


Créé en 1977 au coeur de la région Auvergne, à cheval sur les départements du Cantal et du Puy-de-Dôme, le Parc des Volcans d’Auvergne s’étend sur 120 km du nord au sud. D'une superficie de 400 000ha, il est composé de 150 communes et compte environ 90 000 habitants. Il est géré par un syndicat mixte qui réunit des élus de ces collectivités locales.

Territoire rural de moyenne montagne (de 400 à 1886m d’altitude), le PNRVA se compose de 5 régions naturelles, des entités paysagères singulières et complémentaires : l’Artense, le Cézallier, les Monts du Cantal, les Monts Dômes et les Monts Dore. Préservés, façonnés et habités par l’Homme, ses paysages de montagne sont remarquables : volcans, crêtes, estives, lacs, forêts… De grands espaces où vivent une faune et une flore exceptionnelles. Une terre de légende, une culture et des savoir-faire vivants, un terroir généreux…

Plus d'infos
Parc naturel régional des Volcans d'Auvergne
www.parcdesvolcans.fr


Monts et volcans


Le territoire de la commune de Besse et Saint-Anastaise s'étend au pied du strato-volcan des Monts-Dore, un relief à la géologie particulièrement complexe, formé des restes de trois édifices volcaniques : le Puy de Sancy (1886 mètres) qui est le point culminant du Massif Central, le Puy de l'Aiguiller (1547 mètres) et la Banne d'Ordanche (1515 mètres). Cette formation se distingue de la Chaîne des Puys par son aspect "alpin", résultat de ses fortes pentes et de ses arêtes rocheuses déchiquetées. La dénomination "Massif du Sancy" ne relève pas d'une réalité géographique mais d'un espace administratif, né avec la Communauté de communes du même nom.


Après une première phase volcanique intense, le paysage du Sancy est modelé par de puissants glaciers qui descendent du massif et creusent de profondes vallées, dévoilant les roches profondes et les dykes (anciennes cheminées volcaniques composées de lave durcie particulièrement solide, mises au jour par l'érosion du sol les entourant). Une seconde phase volcanique vient à nouveau chambouler cet environnement il y a 250 000 ans. C'est à la fin de cette période, il y a 6900 ans, qu'une gigantesque explosion donne naissance au lac Pavin.

Plusieurs montagnes dominent aujourd'hui le territoire communal, dont : le Puy de Paillaret (1721m d'altitude) et le Puy de Chambourguet (1520m, photo ci-dessus) qui encadrent à l'ouest et à l'est Super-Besse ; le Puy de Montchal (1407m) au-dessus du lac Pavin et le Puy de Pertuyzat (1304m) tout près ; etc.


À DÉCOUVRIR
ESPACE NORDIQUE SANCY

Labellisé "Nordic France", cet espace offre 250km de pistes (ski de fond et raquettes) réparties sur 2 versants du massif, 6 communes et 9 secteurs reliés entre eux par des itinéraires de liaison. Le versant Sud comprend notamment les secteurs de Besse/Pertuyzat, Super-Besse/Madalet et Super-Besse/Plaine des Moutons (secteur de repli). Entièrement rénové, le chalet d'accueil de Berthaire (base du secteur Besse/Pertuyzat) accueille notamment une salle hors-sac et un restaurant.

Plus d'infos
Maison du Tourisme de Super-Besse
Rond-point des pistes, 63610 Super-Besse
04 73 79 60 29 / bt.superbesse@sancy.com

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Tourbières, cascades et rivières


Lac-tourbière de Bourdouze


Le lac occupe une dépression creusée puis abandonnée par un glacier il y a 12 000 ans. Situé à 1150 mètres d’altitude, il est dominé par le Puy de Montcineyre. D'une surface totale de 25ha, le lac de Bourdouze est recouvert à l'ouest par une vaste tourbière, dont il témoigne de tous les stades d’évolution : de l’eau libre au haut-marais.


Des plantes aquatiques pionnières aux longues tiges rampantes (fraisier, trèfle d'eau...) permettent la formation d'un radeau végétal sur lequel d'autres essences se développent (potentille des marais, ligulaire de Sibérie, andromède, drosera...). Au fur et à mesure, ce radeau grossit, s'étire et s'enfonce dans l'eau où il se décompose très lentement pour former la tourbe. Cette tourbière d’altitude est remarquable pour sa flore caractéristique des milieux boréals.

Le lac accueille une faune variée. En surface, on croise plusieurs espèces d'oiseau (râle d'eau, grèbe huppé, bécassine des marais...), diverses libellules protégées (sympetrum noir, cordule à taches jaunes, agrion à lunules...), des papillons des tourbières mais aussi des grenouilles rousses ou encore des argyronètes (petites araignées semi-aquatiques). Dans l'eau, évoluent brèmes et brochets. Un accord entre la Fédération de pêche du Puy-de-Dôme, l’association de pêche locale, le PNR des Volcans d'Auvergne et le Conservatoire des espaces naturels (CEN) d'Auvergne permet de concilier la pêche et la préservation du patrimoine naturel. Le CEN et la commune de Besse et Saint-Anastaise ont également engagé des actions d’acquisition de parcelles en amont du site, complétant la protection du lac.


ATTENTION
Aussi dangereuse (enfoncement, risque de noyade) que riche en terme de biodiversité, la tourbière est strictement protégée et interdite au public. Toutefois, certaines rives en eau libre restent accessibles et un sentier de randonnée pédestre est aménagé en direction du lac de Montcineyre. Certaines règles s’imposent : ne pas quitter les sentiers, utiliser les poubelles mises à disposition sur le parking aménagé près du lac, ne pas déranger la faune sauvage et ne pas cueillir de plantes rares.

Tourbières d'Estivadoux, des Costes
et du Paillaret


Situé à 1250m d’altitude, le petit lac éphémère d’Estivadoux est un maar - à l’image du Pavin - et une tourbière - à l’image du lac de Bourdouze (à ceci près que son état de transformation est plus avancé). Rempli par l’eau issue de la fonte des neiges à la fin de l’hiver, il s’assèche progressivement jusqu’à n’être qu’une zone plus ou moins humide en été (suivant les conditions météorologiques). Ce site était à l’origine un cratère volcanique probablement issu, comme le Pavin, d’une éruption phréato-magmatique (rencontre explosive entre une remontée de lave et une nappe d’eau souterraine) intervenue il y a 7300 ans. Se remplissant d’eau au fil des siècles, il fut ensuite comblé par le produit des éruptions voisines du Pavin et du Puy de Montchal.


La tourbière des Costes, également très avancée et située non loin de l’Estivadoux, constitue une dépression formée par le comblement d’un maar occupant un cratère volcanique (formé aux alentours de 4250 avant J.-C).

La tourbière du Paillaret est une petite loupe de haut-marais de 0,8ha située à 1600m d’altitude. Composée de milieux rares à l’échelle européenne, elle abrite deux espèces végétales patrimoniales (andromède et sphaigne brune). Les différentes études menées par la Réserve naturelle Chastreix-Sancy (qui étend sa zone de protection sur une partie de la commune de Besse et Saint-Anastaise) montrent qu’elle recèle de précieux témoignages sur le climat et les usages pastoraux dans les monts Dore. En 2011, la tourbière a été soustraite au piétinement du bétail qui provoquait diverses dégradations (érosion, destruction de la tourbe, qualité de l’eau...).


À DÉCOUVRIR
JARDIN-CLOS DU REMPART


Créé en 2012 sur un espace laissé en friche, le Jardin-clos du rempart s'inscrit dans une triple continuité : historique (car il permet de mettre en lumière les espaces cultivés qui se développèrent dès le XVIIe siècle autour des anciens remparts de la cité bessarde), patrimoniale (grâce à la présentation des plantes utilitaires et des gestes liés à l'artisanat ou à la gastronomie d'autrefois) et environnementale (par l'exposition de la richesse florale du Sancy et la sensibilisation des petits et des grands à la protection de l'environnement).

Pour découvrir le Jardin-clos, il est proposé : un accès libre tout au long de l'année, des visites guidées et diverses animations durant l'été, un livre Le Jardin-clos du rempart : plantes, recettes et astuces (consultable dans la rubrique ► Publications, en vente en mairie et au bureau de tourisme au prix de 7€).


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Les Couzes


Le Massif du Sancy regorge de cours d’eaux venus des montagnes, appelés localement «couzes». Suivant à peu près le même chemin, elles traversent les anciennes coulées de lave, s’encaissent dans des gorges, pour finalement se jeter dans la rivière Allier près d’Issoire.


La Couze Pavin, qui prend sa source au pied du lac du même nom, traverse les communes de Besse et Saint-Anastaise et de Saint-Diéry. Un sentier de randonnée permet de remonter le cours d’eau de Besse jusqu’à son origine.

Si la Couze Pavin est la principale rivière de la commune, elle n’est pas l’unique. Une dizaine de petites couzes se déversent sur le canton de Besse : les ruisseaux de Vaucoux, de Clamouze, de Neuffonds, d’Anglard, de Champs, de Monat, de Montredon, de Malvoissière, les rifs de feu et des prunes...

Les cascades


Sur le cours de la Couze Pavin, les modestes mais nombreuses cascades de Chiloza s’étirent sur un kilomètre. Parmi elles, se trouve le Saut du Bec, la Cascade de la Reine, la Caverne, les Chaudrons... Plus impressionnante, la cascade de Vaucoux creuse également son lit dans la roche volcanique. Elle est située au coeur du bois d'Anglard, près du bourg du même nom.


À DÉCOUVRIR
SENTIERS-DÉCOUVERTE ET RANDONNÉES


La commune de Besse et Saint-Anastaise vous propose plusieurs sentiers-découvertes, autour du lac Pavin, à proximité de Besse... Parmi eux, le sentier des bords de Couze, en contrebas de Besse, met en lumière la Couze-Pavin, sa biodiversité et l'histoire de son utilisation par les hommes.

Les paysages majestueux et les nombreux points d'intérêt du territoire communal s'offrent aux randonneurs amateurs ou aguerris. A pied, il est possible d'emprunter les chemins de Petite Randonnée (PR), telle la montée au Puy de Sancy depuis Super-Besse ; ou de Grande Randonnée (GR), notamment la GR30 de la Chaîne des Puys au Plomb du Cantal, à la découverte des lacs d'Auvergne. Plus sportifs, plusieurs circuits sont proposés pour la pratique du VTT cross-country au sein de l'Espace Sancy VTT-FFC : secteurs Besse-Pertuyzat et Super-Besse (labellisés par la Fédération française de cyclisme). Le territoire communal se découvre aussi à cheval, grâce au centre équestre de Berthaire.

Parcours géolocalisés avec guidage vocal, présentation des points d’intérêt, lecture du paysage, anecdotes… l'application gratuite "Mhikes" accompagne les visiteurs du Sancy. Elle ne nécessite qu'un signal GPS, les parcours étant téléchargeables à l’avance.


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Le petit patrimoine rural


Parallèlement au patrimoine bâti urbain de Besse, le territoire communal conserve de nombreux "vestiges" ruraux d’une grande diversité. Ces éléments, parfois modestes et souvent peu considérés, apportent pourtant un témoignage des plus importants sur l'histoire des campagnes.


Les chapelles et croix


Apparues au cours de la période médiévale, suite à la christianisation des terres les plus reculées, les chapelles marquent la foi des communautés rurales. La chapelle de Vassivière est la plus imposante d'entre elles. Située au pied du Puy du Paillaret, son nom a pour origine l'expression « vas-y voir » ou « vas-y paître ». En 1321, Bernard VII, seigneur de La Tour d'Auvergne, fait démonter une première chapelle pour réutiliser ses pierres sur le chantier d'une église dans le Cantal. En souvenir de ce bâtiment, une statuette de la Vierge est laissée sur le site. Elle est régulièrement saluée par les gens de passage et prend une importance toute particulière après avoir été l'objet d'un miracle en 1547. Afin de commémorer cet événement, une nouvelle chapelle est construite grâce à l'argent d'une souscription lancée par Catherine de Médicis. En 1555, un premier pèlerinage y est organisé.


La chapelle de La Villetour se différencie des autres par son inspiration gothique, assez rare dans le secteur. Elle fut édifiée par un bourgeois de Besse en 1565 à seule fin d’abriter une statue de la Vierge. La source aménagée à proximité montre la valeur sacrée qui était attribuée à l’eau, probable persistance des cultes païens.


Les croix monumentales qui jalonnent le paysage bessard sont aussi, pour certaines d’entre elles, liées au paganisme antique. Ces lieux de culte furent christianisés en même temps que les communautés s'y rattachant. Beaucoup de croix furent implantées sur les lieux d’évènements exceptionnels, calamiteux ou heureux (même si certaines furent finalement déplacées pour d'autres raisons). On recense plusieurs types de croix :

  • les croix de chemin, souvent les plus simples, qui servaient de guides pour les pèlerins et marcheurs (Larzallier, Lignerolles, Berthaire, Serveix, Fraisse, Montredon, Mauberte, Chandèze, Monat) ;
  • les croix de village, marquant l’entrée ou la place centrale d’un bourg (Leylavaux, Serre-Haut, Thiaulaire, La Villetour, Les Chirouzes, Lemont, Chandèze, Olpilière) ;
  • les croix des rogations et processions, qui étaient utilisées comme lieux de rassemblement pour l’Ascension et la bénédiction des cultures et des troupeaux (Berthaire, La Charreyre) ;
  • les calvaires, érigés en commémoration de la Passion du Christ, à la croisée de deux voies (Saint-Anastaise) ou dans les cimetières ;
  • les croix de mission, qui portent souvent une annotation honorant le travail de prêtres missionnaires (Saint-Anastaise).

À DÉCOUVRIR
GUIDE-DÉCOUVERTE DU PETIT PATRIMOINE DES VILLAGES


Engagé dans l’inventaire et l’étude du petit patrimoine de la commune depuis plusieurs années, le service Patrimoine de la mairie est à l’origine de ce guide-découverte en vente au prix de 3€ au Bureau de tourisme de Besse. L’ouvrage propose de (re)découvrir l’histoire de nos campagnes à travers les chapelles, croix, fours, abreuvoirs ou fontaines qui parsèment encore aujourd’hui les champs et les bourgs. Plusieurs circuits - pédestres ou motorisés - sont proposés, à travers tout le territoire communal.

Sources, fontaines, abreuvoirs et lavoirs...


Dès le Moyen-Âge, les Hommes se sont appliqués à canaliser les crues de la Couze Pavin et à profiter de ses bienfaits à des fins agricoles, artisanales et industrielles (culture des plantes textiles, tannerie, meunerie, etc.). Pour cela, différentes structures ont été bâties, qui vont des moulins à eaux à une usine hydro-électrique (aujourd'hui disparus), en passant par les fontaines qui ponctuent aujourd'hui encore le paysage.

A l’instar de la source située près de la chapelle de La Villetour, celle dite «des rochers de Berthaire» ou Fontaine Goyon est également aménagée. Son eau bicarbonatée, particulièrement chargée en fer (d’où sa couleur rouge orangée), jaillit à 1100m d’altitude à une température de 8,5°C. Rendue célèbre grâce au docteur du même nom, la Fontaine Goyon fut reconnue dès le XIXe siècle pour ses vertus médicinales. Les Bessards l’utilisaient contre la sclérose et l’anémie.



Les abreuvoirs (souvent associés aux fontaines) sont l’héritage des pratiques agricoles et pastorales (Anglard, Larzallier, Lignerolles, Saint-Anastaise, Le Rif, Thiaulaire, Serveix, La Villetour, Montredon, Serre-Bas, Serre-Haut, Péalat). Beaucoup furent supprimés avec la disparition de la traction animale. Dans certains cas, un seul point d’eau était bâti, dédié à plusieurs usages (chaque bac étant consacré à l’un d’entre eux) : alimentaire, domestique, agricole/pastorale, lavoir (Les Chirouzes). Ces séparations permettaient d’éviter toute pollution des eaux propres par les eaux sales. Parfois indépendants (Thiaulaire, Serre-Haut, Serre-Bas, Péalat), les lavoirs se multiplièrent au cours du XIXe siècle, époque où Louis Pasteur démontra le lien entre hygiène et santé. Couverts ou non, ils devinrent rapidement un lieu de sociabilité important pour les femmes qui venaient y rincer leur linge.


STATION BIOLOGIQUE
USINE HYDROÉLECTRIQUE

UN PATRIMOINE TECHNIQUE ET SCIENTIFIQUE


La station biologique de Besse accueille tout au long de l'année des universitaires menant diverses recherches sur le territoire. Fruit du réaménagement d'un ancien moulin, le bâtiment se compose de plusieurs salles d'étude, de laboratoires, de bibliothèques, et même d'une pisciculture en sous-sol. Construit en 1901, il est agrandi à deux reprises en 1930 et 1938 pour accueillir davantage de personnes. Son existence doit beaucoup au développement de la science naturaliste durant le XIXe siècle et à l'action de Paul Girod, de Charles Bruyant (respectivement membres de la Faculté des sciences et de l’Ecole de médecine de Clermont-Ferrand) et d'Amédée Berthoule (secrétaire de la Société française d’Acclimatation et ancien maire de Besse) qui lancèrent le projet en 1887.

Installé légèrement en aval de la station biologique, l'usine hydroélectrique de Besse fut construite en 1893, sous l'impulsion du maire Amédée Berthoule. Equipée d'une turbine et d'une dynamo, elle permis d'assurer l'éclairage de la ville via 50 lampes publiques et 250 lampes privées. Pour l'anecdote : Besse fut électrifiée seulement 4 ans après Paris et 2 ans avant New York !


Tras et burons


Habitats pastoraux, temporaires et saisonniers, les tras ont été utilisés entre les Xe et XVIIIe siècles (selon les sites) dans le Sancy et le Cézallier. Abris de fortune en terre, pourvus de toits de chaume ou recouverts de gazon, ils constituaient pourtant le coeur d'une économie spéculative entourant la production et la vente de Saint-Nectaire. Occupés durant l'estive (équivalent local de la transhumance, de mai à octobre), ils étaient dotés d'une pièce d'habitation, d'une étable et d'une cave d'affinage. Les bêtes pouvaient ainsi profiter des pâturages d'été pendant que leurs propriétaires préparaient, au fur et à mesure, les fromages qu'ils revendaient une fois redescendus des montagnes.

Ces structures étaient rassemblées dans des sortes de "villages" - parfois réutilisés d'une année sur l'autre - dotés de porcheries (les cochons, engraissés au petit lait, permettaient de nourrir les habitants) et de védelats (étables destinées aux veaux - sans la présence de leurs petits, les vaches Salers ne produisent pas de lait).



Discrets quoique nombreux, les vestiges de ces habitats prennent aujourd'hui la forme d'un alignement de trous installés à la manière de courbes de niveaux et de préférence près des lacs. 70% des structures découvertes, se situent dans la zone Besse-Compains-Le Mont-Dore, les plus beaux exemples étant ceux de Rioubes.

La question des tras est aujourd'hui peu connue. 500 000 tras sur 800 000 auraient disparus dans le Sancy, d'où la nécessité de leur sauvegarde et de la sensibilisation du public, des propriétaires et exploitants de terrains. De nombreuses questions restent en suspens : pourquoi une telle densité de tras dans le Sancy et le Cézallier, alors qu'il n'en existe aucune trace dans le Cantal ou la Chaîne des Puys ? Pourquoi Besse en est le centre géographique ?

Succédant aux tras, les burons étaient également des habitats temporaires mais possédaient - et possèdent encore pour certains - la particularité d'être bâtis en dur. Les bâtiments ayant pu être conservés sont pour la plupart constitués de murs en pierre de lave (trachy-andésite) et de toits de lauzes (pierres plates), typiques de l'architecture rurale en montagne. La plupart ont été réhabilités pour servir de gîtes, de refuges, de restaurants...



SAINT-NECTAIRE
UN FROMAGE D'EXCEPTION


Longtemps considéré comme un fromage de pays - réservé à l’usage domestique des producteurs - le saint-nectaire acquiert ses lettres de noblesse au XVIIe siècle, lorsqu'il arrive à la table de Louis XIV. Malgré ce succès, sa production reste l'apanage de petites exploitations ; des fermes qui subissent de plein fouet l'exode rural et le déficit de mécanisation du début du XXe siècle. Entre 1935 et 1954, les producteurs de saint-nectaire se regroupent au sein d'un Syndicat et le fromage obtient finalement l’Appellation d’Origine Contrôlée (AOC) en 1955. Aujourd'hui, environ 14 000 tonnes de saint-nectaire sont vendus chaque année, ce qui en fait la 1ère AOP fromagère fermière d’Europe.

Rustique, le saint-nectaire est connu pour sa pâte souple et moelleuse, son goût franc légèrement salé, ses saveurs de crème et de beurre, ses arômes d'ambiance d'affinage (cave, paille d'affinage, terre ou sous-bois), le tout souvent relevé d'une subtile tonalité de noisette. Le lait qui le constitue est produit entre 800 et 1500m d'altitude, dans une zone de montagne volcanique, qui concentre une très grande biodiversité floristique. Les vaches laitières sont exclusivement nourries à l'herbe des prairies permanentes de la zone d'appellation, durant au minimum 140 jours/an.


Plus d'infos
Interprofession du fromage AOP saint-nectaire
www.aop-saintnectaire.com