Bref historique

Héritière d'une longue et passionnante histoire, la commune de Besse et Saint-Anastaise s'applique à regrouper les connaissances sur son passé, à encourager et accompagner les initiatives de recherche, à protéger et valoriser le patrimoine matériel et immatériel et à mettre en place différents outils de médiation afin de diffuser le savoir collecté.

 

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Bureau de tourisme de Besse
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Service Patrimoine
Commune de Besse et Saint-Anastaise

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Aux origines


Etymologiquement, le nom "Besse" viendrait de l’occitan bessaou, qui signifie le bouleau. Quelques éléments dispersés semblent attester d’une présence humaine ancienne sur le territoire de la commune, qui apparaît très tôt comme un carrefour commercial entre la plaine de la Limagne et les montagnes du Sancy. C'est sur ce lieu de transaction qu’est édifiée, dès le XIIe siècle, la cité de Besse.

Le village médiéval se construit autour de son église, sur une ancienne coulée de lave à partir de laquelle les habitants extraient la pierre de taille nécessaire à l’édification du bourg. Les carrières laissées par ces travaux, seront ensuite converties en caves d’affinage pour le saint-nectaire, dont l'économie représente très tôt une véritable manne financière.


La cité libre


En 1270, Besse obtient du seigneur de la Tour-d’Auvergne, propriétaire de la cité et de ses terres, une charte de franchise accordant un certain nombre de libertés aux habitants. Ces derniers acquièrent notamment le droit de s’administrer eux-mêmes, grâce à l’élection de deux consuls chaque année.

En l'absence de nobles, les bourgeois, commerçants, lettrés et hommes de loi dominent la cité. Le Bailli, représentant le seigneur de La Tour-d’Auvergne, achète sa charge auprès de ce dernier et, en son nom, rend la justice et perçoit l'impôt.



La ville commerçante fortifiée


Au XVe siècle, la cité commerçante prospère. Une illustration présente dans le Terrier de Catherine de Médicis, compilé par Antoine Godivel en 1575 (voir ci-dessous), montre une ville importante, entourée de fortifications aux fonctions défensives mais aussi et surtout ostentatoires.


Besse entre dans le Domaine royal (terres appartenant à la couronne de France) par le mariage de Catherine de Médicis - héritière par sa mère des seigneurs de La Tour-d’Auvergne - et Henri II, roi de France. Marguerite de Valois (surnommée la "reine Margot") hérite à son tour des terres d'Auvergne et les transmet à Louis XIII. Mises aux enchères en 1668, elles sont rachetées par Victor-Maurice De Broglie (prononcer "De Breuil"). L'épouse de ce dernier, Marie, se voit octroyer une Lettre Patente de Louis XIV en 1715 (conservée dans les archives municipales, photo ci-dessous) qui l'autorise à fonder un hôpital à Besse pour les plus démunis.


VASSIVIÈRE
MIRACLE, CHAPELLE ET PROCESSIONS


Au XVIe siècle, trois bourgeois se rendent à la Tour-d’Auvergne. Arrivés à Vassivière, deux d'entre-eux se signent devant l'effigie de la Vierge noire ; le troisième (de confession protestante) ne s’arrête pas et se moque de la dévotion de ses compagnons. Quelques mètres plus loin, il devient aveugle. Il se repent, se signe et recouvre immédiatement la vue. Fascinés par ce miracle, les habitants de Besse décident d'installer la statue de la Vierge dans l'église Saint-André. Le lendemain, l'effigie a disparu, elle est retournée à Vassivière. Un tel événement, exacerbé par le contexte des Guerres de religion, pousse Catherine de Médicis à lever des fonds pour ériger une chapelle à Vassivière. L’afflux de dons est tel, qu'il permet de faire agrandir le chœur de l’église Saint-André de Besse dans le style gothique.

Depuis, chaque année au début du mois de juillet, la statue de la Vierge (qui passe l'hiver à Besse) est amenée solennellement à Vassivière : c’est la Montée ou Montade, qui correspond à la migration des troupeaux au début de l’été. Elle est ensuite ramenée à Besse le dimanche qui suit la Saint-Matthieu, ce qui coïncide avec la rentrée des troupeaux : c’est la Descente ou Dévalade.


Le chef-lieu révolutionnaire


La liberté d'esprit des Bessards les fait se rallier très tôt à la Révolution française. Nouvellement formée par la réunion des paroisses de Besse et de Chandèze, la commune de Besse mène le mouvement révolutionnaire dans tout son district. Le 26 septembre 1792, les représentants de la commune - précédés de tambours et escortés d'un piquet de la Garde Nationale - annoncent la proclamation de la Première République à une population en liesse.

En 1794, pour montrer son attachement à la jeune République, la commune fait confectionner un drapeau tricolore (conservé en mairie, photo ci-dessous) sur lequel est apposée la devise «Vivre libre ou mourir». Au centre est brodé le "B" de Besse.



La station de cure d'air et d'altitude


Malgré plusieurs tentatives d'industrialisation dans les domaines de la tannerie ou encore de la culture et de la transformation du lin et du chanvre, Besse décline économiquement dès le XVIIIe siècle. La commune - qui n’est pas reliée au réseau ferroviaire - apparaît de plus en plus isolée.


Au début du XXe siècle, Besse devient pourtant une station "de cure d'air et d'altitude" renommée, qui accueille de nombreux visiteurs - parfois renommés - fuyant l'inconfort estival des villes. Peu à peu, de luxueux hôtels s’implantent dans le bourg. L’introduction du ski en 1902 par l’abbé Blot et sa diffusion dans les écoles par l’instituteur Tixier va dynamiser ce tourisme naissant. La neige devient une chance. Elle permet d’accueillir les amateurs de ski durant toute la période hivernale. La famille Michelin va contribuer à cet essor, en venant chaque hiver à Besse et en prenant part à la création du Ski-Club. Une première course est organisée dès 1907, beaucoup suivront (photo ci-dessous).


NICOLAS BOURBAKI
AUX ORIGINES DES MATHS MODERNES


Personne morale plus que physique, Nicolas Bourbaki est en réalité un scientifique imaginaire ayant servi de "prête-nom" à un groupe de jeunes mathématiciens novateurs. Le nom "Bourbaki" vient du théorème éponyme, un canular inventé en 1923 par Raoul Husson qui était alors en 3e année de Normale-Supérieure. Fondé par Henri Cartan et André Weil ce mouvement de pensée mathématique a vu le jour alors qu’une génération de potentiels scientifiques avait été décimée par la Première Guerre mondiale. La critique développée par Bourbaki portait sur l’émiettement des maths en spécialités étanches, le manque de rigueur des analyses et l’ignorance des travaux étrangers.

La première réunion du groupe a lieu en 1934 dans le Quartier latin. Mais c'est à Besse, en 1935, que ses membres choisissent leur nom et poursuivent la rédaction de leur premier traité. Sont présents : André Weil et Henri Cartan, mais aussi entre autres, Claude Chevalley, Jean Delsarte et Jean Dieudonné... Bourbaki se verra décerné 5 médailles Fields (la plus grande récompense en Mathématiques). Influent surtout dans les années 60 et 70, ce groupe a orienté toute la recherche française en Mathématiques. En dépit de sa reconnaissance internationale, il demeure fort méconnu.

La commune en guerre


Comme toute la France, la commune est prise dans la tourmente des deux guerres mondiales. 63 hommes partis au front entre 1914 et 1918 n'en reviendront pas ; morts de maladie, portés disparus ou tués en marge ou au cœur des batailles de la Marne, de Verdun ou de la Somme... Cette saignée démographique couplée aux premiers effets de l'exode rural impacte fortement la démographie de la commune, qui passe de 1598 habitants en 1911 à 1386 en 1921.

Dans les premiers mois de la Seconde Guerre mondiale, Besse accueille 1100 rescapés de l'exode. Après l'Armistice, la Résistance s'organise. Le secteur de Besse constitue la zone 1 de la Région 6 (l'Auvergne) et compte une centaine de résistants qui appartiennent au MUR (Mouvements Unis de Résistance). Ils sont dirigés par André Vallon, chef militaire de la zone 1, et Louis Dabert, chef du maquis. En novembre 1942, l'occupation de la zone Sud entraîne l'intensification de la répression. En représaille aux actions de la Résistance locale, plusieurs maquisards sont tués ou arrêtés le 30 mars à Belleguette et le 3 avril 1944 à Besse. Quelques mois après, la cité est libérée par les Forces Françaises de l'Intérieur (FFI) (photo ci-dessous).



3 AVRIL 1944
LA RAFLE DE BESSE


Après Billom et Volvic, Besse est victime d'une rafle, le 3 avril 1944. Tôt le matin, plusieurs camions se rangent place de l'église et de la Gayme et déversent des soldats de la police d'occupation allemande (SD) et des miliciens français, qui se dispersent rapidement dans le bourg et la campagne environnante. Des armes lourdes bloquent les entrées et sorties de Besse. Les responsables de la rafle disposent d'une liste de personnes recherchées, établie grâce aux interrogatoires de résistants capturés et aux documents saisis lors des opérations précédentes. 5 maquisards sont tués et 26 personnes arrêtées, qui seront envoyées en camp de concentration ; seules 12 en reviendront.

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dans les sous-rubriques ► Centenaire 1914-1918
ou ► 70 ans de la Rafle de Besse

Une destination touristique reconnue


En 1961, la création de Super-Besse marque un accroissement sans précédent du tourisme et de l'économie du territoire. C'est dans ce contexte que naît, en 1973, la nouvelle commune de Besse et Saint-Anastaise, issue de la fusion de deux entités administratives préexistantes.

Créer une station de sports d’hiver dans une zone favorable mais difficile d’accès, face au pôle touristique du Mont-Dore (fort de sa gare ferroviaire, de ses thermes et de sa station de ski ouverte en 1936), le tout avec les modestes moyens d’une commune rurale : le pari est risqué. Mais il est mûrement réfléchi par les pionniers du projet (sportifs, entrepreneurs et décideurs publics) voulant saisirent, dès les années 1950-60, les opportunités offertes par l’émergence de la société de loisirs et le tourisme de masse.



En 1988, la Commune rachète 80% du capital de la SA Pavin-Sancy - qui a fait aménager la station - pour former la SAEML (Société Anonyme d’Économie Mixte Locale) Pavin-Sancy. A partir de 1992, Commune et SAEML s’engagent dans la neige de culture. L’heure est à la coopération quand naissent, en 2000 et en 2002, la Communauté de communes et l’Office de tourisme intercommunal du Massif du Sancy.

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dans la sous-rubrique ► 50 ans de Super-Besse